Chose promise, chose due, voilà la présentation de Resident Evil: Revelations.
Revelations se situe chronologiquement entre le 4 et le 5, et il est sorti à l'origine en 2012 sur 3DS. Perso j'ai joué à l'adaptation HD sur PS3, sortie en 2013, qui est quasiment identique en fait. Je dis ça parce que boombo avait entendu qu'elle était un peu moins bien, mais à vrai dire c'est juste qu'elle tire moins avantage des capacités de la console, pas que l'adaptation est ratée. En tout cas, j'ai été très surpris d'apprendre que c'était à la base un jeu pour console portable vu qu'il n'a rien à envier à la plupart des jeux du genre sur console de salon.
Côté ambiance et environnements, c'est vraiment très bien foutu. On commence en arrivant sur un bateau de croisière abandonné, enfin, pas si abandonné que ça comme on va vite s'en rendre compte : les ennemis principaux du jeu sont les oozes, le résultat le plus fréquent de l'infection par le virus T-Abyss. Non seulement ça change des zombies classiques, mais ils sont particulièrement bien designés en plus : ce sont des sortes de créatures humanoïdes difformes au teint blafard et à la démarche convulsive qui ne sont pas sans rappeler un peu certains ennemis de Silent Hill.
La majorité du jeu se déroulera donc dans cet environnement très réussi, mais histoire de changer un peu, on sera souvent amené à contrôler d'autres personnages évoluant dans d'autres endroits, parfois dans le présent, parfois dans le passé, et toutes les séquences sont intéressantes. Ça a le mérite de varier les environnements et d'élargir la perspective du joueur, mais faudra juste qu'on m'explique le coup des « précédemment » à la façon d'une série télé ; à moins d'avoir Alzheimer, on se rappelle quand même plus plus ou moins de ce qui s'est passé quand on y a joué la veille.
Niveau gameplay, on appréciera la capacité de tirer en se déplaçant, qui n'était pas présente dans les 4 et 5, et les quelques phases de natation uniques dans la série, mais pour le reste c'est un peu rigide : on ne peut même pas courir, et si l'on peut esquiver beaucoup d'attaques avec la bouton croix ça nous empêche aussi très souvent de faire un demi-tour rapide (croix + en arrière). Le mécanisme des portes est assez frustrant, vu qu'elles se referment automatiquement après le passage d'un personnage, même si c'est quelqu'un que vous suivez et que vous vous retrouvez à attendre qu'elles se referment pour les ouvrir à nouveau. Maigre consolation, ces crétins d'ennemis ne peuvent vous y suivre ou même les ouvrir après.
Il y a également ce truc un peu gadget, le scanner Genesis, que vous êtes censé utiliser sur tous les cadavres d'ennemis pour obtenir des soins, et même dans chaque pièce pour y trouver les objets cachés. Ça fait un peu forcé en on s'en passerait bien.
Côté scénario, c'est un peu tiré par les cheveux, mais heureusement on reconnaît le grand méchant à sa première apparition vu qu'il valide tous les poncifs de vilain possibles et imaginables. De toute façon, presque tous les personnages sont caricaturaux à souhait, entre les méchants citant la Divine Comédie dans des élans de grandiloquence dignes des heures les plus sombres d'incognito et le duo composé d'un black de la street et d'un expert en informatique qui servent de « comic relief » et sont systématiquement introduits par le même beat de hip-hop. Ils ne se sont pas foulés pour les dialogues non plus, entre les platitudes clairement disséminées pour expliquer la situation au joueur, les punchlines à deux balles et l'incontournable « je t'expliquerai plus tard ».
Et franchement, c'est quoi ces tenues pour Jessica et Rachel ? J'ai rien contre des héroïnes bien gaulées, loin s'en faut, mais entre l'une à la tenue de plongée dont il manque la moitié et l'autre avec un décolleté qui descend jusqu'au-dessous du nombril, on a l'impression que le jeu a été fait par des boutonneux puceaux aux chaussettes qui craquent.
Quant au terroriste qui a la tête de Walter White, je sais pas si c'est fait exprès mais c'est un plaisir de lui latter la gueule vu comme le personnage est insupportable dans la série. Enfin, presque un plaisir, vu que le combat est méga-dur. D'ailleurs, la difficulté est au rendez-vous, j'ai joué en normal et y a bien des passages que j'ai dû refaire plusieurs fois. Et si le mode difficile s'appelle « infernal », ce n'est en rien une exagération vu que j'ai arrêté après avoir vidé quatre chargeurs d'une arme améliorée (new game +) dans un des (nombreux) ennemis de la première salle du jeu.
Il existe aussi un mini-jeu appelé le mode raid, qui vous propose de revisiter plus ou moins l'ensemble du jeu divisé en un vingtaine de stages que l'on doit parcourir avec pour seul but de buter les ennemis pour arriver à la fin. Ça commence tranquille mais ça devient très vite compliqué avec les ennemis de plus en plus nombreux et balaises, vu qu'ils ont un niveau. Comme vous d'ailleurs, qui l'augmentez en finissant les stages en question, tout en gagnant des points qui vous permettent d'acheter de nouvelles armes et améliorations. Rien de fou-fou mais ça augmente considérablement la durée de vie (qui est très honorable, du reste) et ça doit être bien sympa en soirée avec des potes.
Parce que oui, ce jeu se joue en coop, local ou en ligne, mais je n'ai absolument pas testé, donc je ne sais pas trop ce que ça vaut, mais je peux vous assurer qu'en solo votre partenaire piloté par l'ordi est absolument inutile car les dégâts qu'il inflige sont tellement faibles que j'ai dû le voir tuer un ennemi une ou deux fois de tout le jeu. Bon, c'est pas bien gênant en vrai, oubliez simplement qu'il existe et tout se passera pour le mieux.
Bref, mon impression reste très positive, principalement pour l'atmosphère du jeu (ah oui, la musique est cool aussi), et si un gameplay un tantinet rigide, un scénario whatthefuckesque et des persos complètement vides sont à déplorer, ce n'est pas suffisant pour gâcher une très bonne expérience de jeu.
