Itooh wrote:Mmm, à bien y réfléchir, je pourrai centrer toute mon argumentation sur cette affirmation : Les math, ça ne sert à rien. :3
Je ne dis pas ça parce que je n'aime pas les math, ou que je n'en comprend pas l'utilité. Les math, comme tu dit, permettent d'acquérir un esprit scientifique. Pas la peine de creuser la dessus. Moi-même, je reconnais que les séances (certes douloureuses :p) de Math que j'ai eu, ont un un impact bénéfique sur moi.
Seulement un esprit scientifique, comme tu le dis aussi, ça sert surtout pour la science… Il est utile d'avoir un minimum d'esprit logique, mais les Math intensif, c'est vraiment pour être un bon scientifique.
Or, la science n'est pas le centre de la société. Je suis le premier à regretter qu'on vire l'histoire de l'enseignement au lycée pour foutre davantage de matières scientifiques. Alors certes, ça concerne les S, mais merde, on sait que le lycée, ce n'est pas fait pour apprendre ! C'est fait pour préparer. Et je peux dire que malgré mon aversion pour la géographie, et le peu d'intérêt que je portais pour l'histoire, je suis bien content d'avoir acquis cette culture qui, jusqu'aux enseignements en Terminal (surtout en Terminal), me permettent de bien mieux comprendre le monde politique actuel.
Maintenant, je suppose qu'on va se contenter, pour la Seconde Guerre Mondiale, de dire que les nazis étaient méchants, et puis prout. Tiens, d'ailleurs le FN n'arrête pas de se revendiquer non-nazi. Donc ils seraient gentils ? :3
(je suis désolé d'avance pour ce petit mot d'esprit manichéen. C'était une façon de vulgariser, bien entendu.^^)
Remplacer l'histoire par des maths n'est certainement pas très judicieux, même en filière scientifique. Cependant, je pense que le problème est plus profond : depuis des dizaines d'années, le programme du lycée n'a cessé de s'appauvrir afin de permettre un taux de réussite au bac de plus en plus élevé, non pas parce que les étudiants sont mieux préparés mais parce que l'examen est de plus en plus facile. Par exemple, une bonne partie du programme de terminale C (ancêtre de la S) d'il y a vingt ans s'étudie maintenant en math sup ! On se retrouve ainsi avec un « diplôme en chocolat » qui ne vaut plus rien, tandis que l’Éducation Nationale se gargarise des résultats toujours meilleurs que l'année précédente. Je te l'accorde, le lycée c'est fait pour préparer, mais il me semble que cette préparation soit insuffisante dans tous les domaines désormais.
Itooh wrote:Globalement, je suis d'accord avec toi : la prépa est faite pour sélectionner une élite. Elle n'enseigne pas de compétence, mais forme à travailler dur, et surtout, met en avant les élèves vraiment talentueux. Pas un truc qu'on va blâmer.
Les autres écoles ne sélectionnent pas. Parce qu'elles n'ont pas besoin. Des DUT, ce ne sont pas les meilleurs qui sortent, ce sont seulement des compétents. Pas tous exceptionnels, certains peut-être moins bons que d'autres, mais tous s'y connaissent dans leur domaine. Ils ont le savoir, le savoir être, et le savoir faire requis.
Cela dit, je crois au talent, mais je crois aussi aux capacité égales. Avec de la volonté, on peut arriver à n'importe quel niveau dans n'importe quel domaine, pour peu qu'on soit motivé.
Enfin, j'en reviens à "Les math ne servent à rien", ou plus exactement "Les prépas sont des machines à scientifiques". Dans le domaine de la science, je comprend que l'on recherche le meilleur du meilleur.
Mais dans les autres domaines… Non, désolé, il n'y a pas besoin de faire partie d'une élite pour être un bon programmateur. Ou un bon ingénieur. Ou un bon tout ce qu'on veut ! La recherche, peut-être, nécessite des génies, mais le reste… Je n'ai jamais aimé les systèmes basés sur la comparaisons entre individus, de toute manière. Si quelqu'un sait très bien faire quelque chose, alors pourquoi pas ?
Loin de moi l'idée de dire du mal de toutes les filières qui opèrent peu ou pas de sélection, car bien souvent la formation seule suffit à fournir un employé compétent. Il est pour ma part évident que tout le monde ne dispose pas des mêmes capacités (sans pour autant mettre qui que ce soit au-dessus d'un autre, certains bénéficiant de qualités tantôt intellectuelles, tantôt manuelles, toutes ses déclinant en d'innombrables domaines), mais là n'est pas le propos. À vrai dire, je trouve ton raisonnement très pertinent mais je ne suis pas d'accord avec les exemples. Tu dis qu'il n'est nul besoin d'être brillant pour être un bon programmeur ou ingénieur… cela dépend à quel niveau ! Il s'avère que je suis ingénieur, et j'occupe actuellement un poste de
lead developer (« développeur en chef » ça sonne un peu prétentieux, alors je m'en tiendrai à un anglicisme malgré mon aversion pour ces derniers) dans un studio de jeux vidéo, et ce que je fais, en toute humilité, il ne suffit pas de suivre assidûment les cours d'école d'ingé ou même de connaître chaque langage de programmation par cœur pour en être capable. Quand un poste commence à demander un travail approfondi de réflexion, de synthèse et revêt une certaine complexité, il est légitime de faire appel à des professionnels qui ont fait l'objet d'une sélection, sans quoi quelle garantie saurait rassurer l'employeur ?
Itooh wrote:Enfin, en règle général, je veut établir une chose :
Je ne reproche rien à la prépa.

Évidemment qu'il serait inutile d'y introduire des matières "pratiques", puisque ce n'est pas le but recherché, comme tu dis ! C'est fait pour pousser les élèves au maximum afin d'en retirer le meilleur. Rien n'est à changer.
Ce qui me fait gentiment rire, c'est surtout la façon dont, au lycée, sont présentées ces prépas. Elles ont l'air d'être des "écoles miracles pour être bon et trouver facilement du travail", ce qui est faux, et surtout dévalorise complètement les autres enseignements qui valent autant le coup ! Oo Combien de fois j'ai entendu "Tu es bon ? Bah alors tu devrais aller en prépa !", comme si ne pas faire autre chose que de la science c'était gâcher son talent. :/ Au final, le choix d'aller en prépa ou non dépend surtout de l'individu et de ce qu'il veut faire, pas de ses compétences ou des opportunités.
Je dirai simplement que la prépa permet aux étudiants, de par le système de sélection qui s'ensuit, de faire reconnaître leurs capacités, ce qui n'est pas le cas de la majorité des filières. J'imagine que cela explique pourquoi on pousse les meilleurs à y aller ; il est, cependant, évident que toutes les filières valent le coup (ou presque

) et que chacun devrait étudier ce qui l'intéresse, dans la limite du raisonnable—voir ci-dessous.
Itooh wrote:Comme je l'ai déjà dis, d'une, j’estime pas nécessaire du tout de devoir forcément différencier les meilleurs des moins bons. Le recrutement, ça devrait se faire à la qualité du CV et des expériences. Plutôt que "Je suis meilleur que les autres", "Je travaille bien et j'ai des compétences et de la motivation" devrait être suffisant.
Mais concernant le deuxième point, bah c'est justement ce que j'appelle de la "prise de risque".^^ C'est couillu, et si les étudiants en sont conscient, c'est tout à leur honneur. Faut juste voir ce que tu appelles "usines à chômeurs". Beaux-arts et psychologie, je suis d'accord (c'est un peu par définition), mais si ça inclue aussi des facs d'économie ou de droit… :p
Je pense avoir démontré l'importance de la sélection pour certains postes, mais quant à celle que l'on devrait accorder aux critères que tu mentionnes, tu es bien entendu dans le vrai. À vrai dire, je cite les beaux-arts et psycho comme exemples d'« usines à chômeurs » non pas par ce qu'ils sont, mais par ce que l'on en fait et qu'ils laissent faire. Je trouve la prise de risque très honorable : Bill Gates ne s'est-il pas tiré d'Harvard pour monter sa boîte ? Cependant, est-ce raisonnable de laisser entrer trois fois plus d'élèves qu'il n'y a de postes à la sortie ? Encore une fois, j'en doute.