Re: Short Stories
Posted: Thu Aug 14, 2014 3:27 am
by saerleiya
Sooooo. As Shrooblord encouraged me to do so, I will post here a short story too.
It's more an intro to a story than a story in itself, so even if it doesn't seem long, it will be long soon enough. The end is also a bit underwhelming.
And of course, it is in French...I wrote a good French, but I haven't made it pass the translation test. So beware, English users: if you want to read this right now, you'll need to translate it.
At least the title will be translated, and so will the core of the story: it tells about the story of a character which has grown all her life in a city where assassins rule, and her struggle against the fate which was given to her by this city. The intro itself isn't really about her, but I won't spoil you too much.
Enjoy your discovery of Kael...
____________________________________________Syssandre, a destiny through the citadel
Le soleil pointait à son zénith au-dessus de Kael. Un jour comme les autres passait à travers la fameuse citadelle. Comme tous les autres, quel que soit ce jour, il ne semblait pas en mesure de l’influencer.
Elle était située au Nord-Est de la mer pourpre, le centre des terres cinadiennes, et s’étendait sur plusieurs kilomètres de circonférence, seulement dépassée à ce niveau par la capitale, Lodemar. Mais sa population était aussi importante, à travers un réseau de voies beaucoup plus dense qu’à l’accoutumée.
Mais Kael n’était pas avant tout connue pour sa population, sa taille, ou son port. Ni pour sa beauté, d’ailleurs. Et elle n’avait pas non plus été formée à partir d’un simple bourg. Kael était bien plus que cela.
Son véritable visage était symbolisé par son plus grand bâtiment, une cathédrale ouverte bâtie il y avait presque 500 ans, quelques décennies après le commencement du conflit séculaires des dragons cinadiens avec le fier peuple nera’kh. Personne ne se souvenait de la date exacte, et elle n’était notée nulle part, même dans la grande bibliothèque d’Eryshow, pourtant si fournie. Mais elle importait peu. Car la cathédrale avait été le premier bâtiment de la citadelle, bâti dans un but bien précis.
Ce que symbolisait Kael était représenté par deux choses, toutes deux présentes au sein de la cathédrale elle-même. Elle ressemblait à une tour de faible hauteur, aux fondations écartées mais solides, dont les 12 piliers principaux étaient positionnés autour d’une zone centrale recouverte par une coupole de cristal. Ce cristal avait été enchanté, si bien que l’on pouvait voir à travers celui-ci comme s’il était plat, bien que sa forme curviligne ne justifie le contraire.
Au milieu de la salle centrale, juste sous le sommet du dôme, les pavés du sol, habituellement placés en ligne et de forme rectangulaire, prenaient un aspect plus étiré et formait des cercles concentriques entourant une dalle imposante, d’un diamètre de plus de 15 mètres. Le sol de la cathédrale avait été conçu pour que cette dalle soit le point le plus haut des environs, légèrement surélevé, afin que tout le monde puisse voir ce qui s’y passait. Sur la dalle, enchantée pour rester indéfiniment, les mots suivants étaient écrits :
Ici, tu oublieras ce qui est dehors. Ici, tu ne choisiras pas ton destin, cet endroit te le donnera. Ici, abandonne tout souvenir du passé et tout espoir du futur. Le voile du présent sera ton seul compagnon. Car tu es à Kael, la fin du voyage…
Cette citation, personne ne savait qui l’avait écrite. Mais elle exprimait le sens même de Kael. Tout comme la statue qui le surplombait, placée au sommet du dôme de cristal. Si l’on pouvait voir à travers, c’était pour pouvoir l’observer : en bronze, de six mètres de haut, et en position accroupie, elle était tournée vers la dalle-même, dominant de toute sa puissance la cathédrale, et même la ville entière. Elle représentait un être sans ailes, aux vêtements en lambeaux. Dans la main gauche, collée contre son flanc, on pouvait apercevoir un livre vieux à la couverture déchirée. Elle le tenait comme si elle ne s’en souciait déjà plus, comme s’il s’agissait d’un souvenir oublié alors qu’elle le tenait. Dans son autre main, on pouvait voir un pommeau simple, garde d’un long poignard effilé mais suffisamment robuste pour permettre à la statue de s’en servir comme soutien en posant sa pointe sur le toit du dôme.
Mais ce qui caractérisait la créature plus que tout, c’est qu’elle était méconnaissable : elle n’avait pas de visage. Celui-ci était drapé dans un voile effiloché mais assez long pour pouvoir recouvrir l’entièreté de sa tête et masquer son museau, s’il jamais il aurait dû y en avoir un. A vrai dire, la statue n’avait même pas de queue, un élément pourtant commun à tous les dragons, dont certains ne possédaient pas d’ailes. Seules ses mains, pourvues de quatre doigts et d’un pouce, pouvaient certifier qu’il s’agissait d’un dragon et non d’un nera’kh, et beaucoup s’accordaient à penser que ce n’était qu’un détail.
Car tous le savait, ou finissait par le savoir : la statue ne représentait pas une personne, pas plus que les paroles lourdes de sens inscrites sur la dalle de pierre n’étaient sorties des lèvres d’un énergumène en particulier. Non, ils étaient bien plus que cela. Ils représentaient une idéologie, un principe établi il y avait presque 500 ans pour donner une place à ceux qui n’en avaient pas pour une raison ou une autre : ils étaient la citadelle. Kael était la créature, Kael était les phrases gravées. Un symbole est d’autant plus puissant qu’il n’est rattaché à aucun être vivant, car il dépasse ce que le vivant est et reste ancré en ce monde pour toujours.
Kael est la citadelle où le passé est oublié et où le futur n’existe pas encore. Kael est la citadelle qui fait vivre ses habitants, et non dont les habitants la font vivre. Elle est leur sang, elle est leurs pensées, elle est leur commencement et leur fin. Peut-être pas la fin de leur vie, mais celle de leur voyage en ce monde.
Mais beaucoup trouvent cette image trop abstraite. De par son histoire et ses habitants, Kael a hérité d’un autre surnom que le Voile : la citadelle des assassins.
La place de la cathédrale était comme à son habitude noire de monde en cette journée. Bien qu’il y ait suffisamment de place pour accueillir un marché couvert, les gens avaient pris l’habitude de respecter cet endroit, symbole du lieu où ils vivaient désormais. C’était donc devenu plutôt un lieu de rencontre pour de petits groupes de personnes, parlant de choses et d’autres, sans aborder les sujets importants : c’était une place bien fréquentée.
De nombreux quidams venaient également dans le but d’un pèlerinage, ou étaient tout simplement de passage dans la cité. Tous ne restaient pas forcément ancrés ici, et continuaient leur chemin. Bizarrement, bien que des meurtres puissent arriver même sous cette coupole, ils étaient moins monnaie courante que la monnaie sonnante et trébuchante, contrairement à beaucoup d’autres endroits aux alentours. C’était l’un des lieux les plus sûrs de la ville, ou plutôt des moins dangereux.
Un jeune nera’kh et ses parents entrèrent dans la cathédrale en passant entre les piliers du Nord-Est. Il était aisé de voir à leur accoutrement qu’il agissait d’un trio souhaitant s’établir sur les îles de la mer pourpre, car on pouvait apercevoir du matériel de pêche dépassant de leurs sacs. Les nera’kh étaient toujours reconnaissables de loin, notamment par leurs défenses ancrées au milieu de leurs joues. Ces trois-là ne faisaient pas exception. Et bien qu’ils n’aient pas l’air à leur aise dans la citadelle, ils étaient suffisamment charpentés et armés pour décourager le premier venu de s’attaquer à eux.
L’adolescent frissonna : il n’aimait pas cet endroit, ni cette ville, et depuis qu’il était entré par la route de la frontière, il n’avait cessé de scruter les environs :
« Père, pourrions-nous nous hâter ? Il y a quelque chose de mauvais ici.
- Nous faisons ce que nous pouvons, Denih, lui répondit son père, gardant un air serein pour le réconforter. Mais nous devons d’abord prendre un bateau pour l’île du Levant. Sans cela, nous ne pourrons pas nous installer dans les îles.
- Ne t’inquiète pas, lui dit sa mère. Nous avons déjà affronté bien pires dangers, et nous sommes assez forts pour dissuader quiconque de s’en prendre à nous. Pourquoi n’irions-nous pas jeter un coup d’œil à la dalle centrale ? Beaucoup de gens disent que c’est l’une des rares choses à voir à Kael. »
Denih fit attendre sa réponse en regardant la statue sans visage à travers la coupole. Il frissonna à nouveau, puis acquiesça d’un bref hochement de tête.
Ils se mirent en route en direction de la dalle, sans remarquer que quelqu’un se mettait dans leur sillage, un couteau à la main.
Denih et ses parents se fondirent dans le cercle de gens venu d’un peu partout dans le monde et regardant les écritures posées sur le sol de pierre. Bien qu’ils soient nera’kh, ils arrivaient à comprendre le langage employé : les langues des deux peuples étaient restées relativement proches au cours des siècles, et ce malgré les guerres récurrentes les opposants. Bien qu’il y ait de nombreuses variations venant des différents patois employés et de l’éloignement géographique, un cinadien issu de Lodemar pouvait comprendre dans les grandes lignes uen conversation entre nera’khs habitant leur propre capitale, Deranth. Et ce bien que les deux villes en question soient séparées par un continent entier.
« Père, je trouve cela bizarre qu’un lieu te donne un destin. Est-ce vraiment normal ?
- Je ne sais pas, mon fils, répondit-il. Dans un certain sens, ce que nous sommes est beaucoup déterminé par l’endroit où nous vivons et les gens qui nous ont élevé. Je ne me souviens pas t’avoir entendu dire que tu voulais devenir autre chose que pêcheur et parcourir le monde de temps à autre, finit-il en gloussant. »
Denih se renfrogna : « Bah, j’aime ca, dit-il. Tu me dis que je n’ai pas eu le choix parce que vous m’avez élevé ?
- On a toujours le choix. Il est simplement plus facile de s’en tenir à ce que l’on sait déjà faire. S’adapter est plus dur et plus dangereux. Si tu avais eu envie de faire autre chose, on ne t’en aurait pas dissuadé. »
Ils retombèrent rapidement dans le silence et essayèrent d’interpréter à nouveau le contenu de ces paroles à la fois concrètes et abstraites. Le père de Denih passa machinalement la main à sa ceinture pour vérifier si la bourse contenant leur or était toujours là, un réflexe qu’il avait mis en place depuis qu’ils avaient eu la cité à portée de regard. Bien que ce geste ne soit pas réellement utile si l’on venait à tenter de la voler, il pensait que cela aurait au moins un effet dissuasif, la plupart des voleurs expérimentés ayant tendance à étudier la proie de leurs larcins quelque temps avant d’agir pour trouver le moment le plus opportun.
Ce qu’il ne savait pas, c’est que celui à qui il aurait affaire n’avait pas eu d’hésitation. En faisant ce mouvement, son torse bougea de quelques centimètres et avec lui, le sujet de toutes les convoitises. Et le voleur en question manqua sa cible. Le nera’kh le remarqua et se mit en posture de combat :
« Gen ! hurla-t-il, vas t’en avec Denih !»
Il n’eut pas le temps d’en dire plus : son adversaire, un dragon commun brun recouvert de haillons avait déjà dégainé une lame de vingt centimètres de long, usée par les multiples affrontements qu’elle avait vécus mais aussi effilé qu’un rasoir. Le père de Denih eut à peine eu le temps de prendre son glaive qu’il était déjà sur lui. Une parade-réflexe dévia la lame fonçant vers son cœur sur son flanc gauche, et il s’en tira avec une estafilade.
Tout cela s’était passé si vite que Gen et Denih étaient à peine en train de réaliser ce qui se passait lorsque leur congénère fut frappé pour la première fois. Le reste de la foule s’était déjà esquivé ou enfuit en courant, ne tenant pas à rentrer dans les débats : à Kael, personne ne se mêlait de ce qui ne les regardait pas.
« Dartam ! articula Gen, à peine remise de sa stupeur. »
Elle poussa derrière elle son fils horrifié par le combat aussi inattendu que brutal et dégaina une épée courte qu’elle portait à son côté. Mais elle savait qu’elle ne pouvait rien faire : son mari était aux prises avec quelqu’un de vif et rapide, et il avait besoin de toute son attention pour lui tenir tête. Elle ne ferait que le gêner.
Mais Dartam, même remis de sa surprise, n’arrivait pas à faire jeu égal avec son adversaire. Même avec sa force et ses réflexes, il ne vivait pas dans cette ville. Il ne savait pas que lorsque l’on faisait ne serait-ce qu’une seule erreur, la mort pouvait vous atteindre juste derrière. Et avec cette idée imprimée dans leur esprit, les gens vivant ici ne se gênaient pas pour abattre quiconque pouvait représenter une menace. Son adversaire avait pleinement conscience qu’il jouait avec la mort chaque fois qu’il tentait de dérober l’or des passants. Et rien que cela lui donnait l’avantage sur son adversaire.
La première fois en quelques échanges où Dartam tenta une attaque-riposte alors qu’il pensait avoir commencé à sentir les attaques et le tempo du voleur, celui-ci, d’une féroce rotation du poignet, désarma le malheureux, inconscient de son erreur. Et alors qu’il tentait à nouveau de porter le coup fatal d’une simple attaque en direction de la gorge cette fois-ci, Denih, qui ne pouvait pas voir la scène, saisit une brève lumière à l’extrémité de son champ de vision.
Dans un hoquet, le voleur fut stoppé net dans son élan, et sous les yeux ébahis de son opposant, soulevé du sol à plusieurs mètres de hauteur par une violente bourrasque de vent. Elle était apparue si brusquement qu’elle avait créé des remous dans l’air sur l’ensemble de la place. Puis elle disparut, créant l’effet inverse.
La victime chuta lourdement sur le sol dallé à une dizaine de mètres de Dartam, et hurla. Le dragon se tenait l’épaule : sa clavicule s’était fracturée au moment de l’impact. Denih vit alors qu’à quelques pas de lui se tenait la source de l’éclat qu’il avait aperçu juste avant que ce phénomène ne se produise.
Il avait entendu parler de la magie pratiquée par les cinadiens : bien que leur peuple ait moins de personnes aptes à la pratiquer que les nera’kh, ces quelques personnes appelaient leur don au travers de cercles tracés à l’aide d’une poudre appelée poudre de Ten, aux propriétés très étranges : cette poudre, luminescente, était capable de rester en suspension dans l’air pendant un court instant, comme si elle n’était pas affectée par la pesanteur (ou alors très peu). Elle finissait par perdre ses propriétés au cours de quelques minutes et retomber au sol avec le même air que de la poudre ordinaire.
Mais ce n’était pas son principal atout : pendant ces quelques minutes, la poudre de Ten permettait à son utilisateur, s’il en avait la capacité, de canaliser l’énergie contenue dans la nature environnante et de la manipuler. D’où la bourrasque de vent.
Le cercle qui en avait été la cause disparut rapidement, la poudre, épuisée par le sort, redevenant simple poussière. Il put alors se concentrer sur la personne qui l’avait utilisé pour sauver son père.
Il s’agissait d’une dragonne. De taille moyenne, elle compensait sa fine silhouette par des muscles tendus à l’extrême, comme pouvaient le montrer ses jambes, qui semblaient avoir été taillées dans l’acier le plus dur qui existe. Bien qu’une grande partie de son corps soit caché par une longue cape de voyage, il put discerner les vêtements cachés dessous. Un pantalon court sombre serré à même la peau et ne la couvrant que jusqu’au-dessous de ses genoux, un haut laissant les bras et le ventre à nu.
Mais ce qui le frappa bien plus que tout, en dehors de ses écailles d’une couleur vert émeraude peu commune, c’était son visage : un peu comme celui de la statue désincarnée, il était recouvert d’un voile bleu profond possédant des orifices pour des cornes pointues courant depuis la fin de son museau pointu jusqu’à la base de sa nuque. Sous le voile, alors qu’elle tournait brièvement la tête vers lui, il put voir des yeux noirs à l’iris doré qui dégageaient une menace incroyable. C’est comme si la mort avait pris corps et parcourait le continent à la recherche de ceux qui avaient échappé à son emprise.
La magicienne se reconcentra sur sa cible et avança de quelques pas. Le voleur gémissait en se tenant l’épaule. Alors qu’il sentit quelqu’un approcher, il lanca un regard haineux vers l’assaillant en train de s’agenouiller à son côté. Puis la colère fit rapidement place à la stupéfaction, puis à la peur. Il savait qui il avait en face de lui :
« V…vous ? Bégaya-t-il. Comment est-ce possible ? »
Ce fut tout ce qu’il put dire avant que la magicienne ne le prit par le col pour le relever sans ménagement, et sans porter d’intérêt à la souffrance de son interlocuteur.
« Le possible n’est pas important. L’important pour toi, ça devrait être ta misérable existence en ce moment, dit-elle sans la moindre émotion. Tu t’en souviens ? »
Le voleur blêmit.
« Bien. Je pense que tu connais Theronès et que tu sais où il sévit. Vas lui annoncer que sa fin approche.
- Vous êtes folle ? répondit-il, paniqué. Il me tuera à coup sûr ! »
La dragonne hocha la tête, visiblement agacée.
« Ce n’est pas complètement sûr qu’il le fasse. Moi, en revanche, si tu ne fais pas ce que je te dis, tu peux être certain que c’est ce qui t’attendra. Et même si tu tentais de te cacher dans Kael, je t’aurais vite retrouvé. Tu sais qui je suis.
- Pi…pitié… »
Irritée, elle donna un coup de poing dans ta clavicule fracturée. Il hurla de douleur.
« Ici, il n’y a pas de pitié. Maintenant, dégage, et va voir Theronès. »
Elle relâcha son étreinte. Le dragon brun se releva péniblement et s’éloigna aussi vite qu’il pouvait en gémissant.
Les nera’kh la virent alors prendre leur direction. Bien qu’elle les ait secourus, ils restèrent sur leurs gardes et brandirent leurs armes respectives. Elle leva les deux mains, paumes vers l’avant, signe qu’elle était pacifique.
Dartam avança tout en abaissant son glaive :
« Merci pour votre aide. Il était sur le point de me tuer.
- Ne me remerciez pas, fit-elle sur un ton sec. Que faites-vous à Kael ? Juste en vous observant, il est facile que vous n’êtes pas d’ici.
- Nous sommes venus prendre un bateau pour l’île du Levant et nous installer au milieu de la Mer Pourpre.
- Dans ce cas, dépêchez-vous. Ne traînez pas dans les parages, ne vous arrêtez sous aucun prétexte. Cet endroit semble sûr, mais les apparences sont trompeuses.
- Bien. »
Alors qu’elle se détournait rapidement, il la héla :
« Attendez ! »
Elle se retourna.
« Je sais que cette ville est dangereuse. Mais normalement n’est-ce pas « chacun pour soi » ?
- Si.
- Alors pourquoi nous avoir aidés ? Vous n’aviez aucune raison de le faire. »
Elle se rapprocha à nouveau :
« J’ai quelque chose d’important à faire ici. Vous m’avez donné l’occasion de tout mettre en route. Et puis… »
Elle se tourna vers le jeune adolescent.
« Cette ville vous prend tout ce qui vous est cher. Elle a fait de moi ce qu’elle voulait. Elle a détruit tout ce que j’aurais pu être et l’a remplacé. Pendant longtemps j’étais seule. »
Elle s’agenouilla près de Denih :
« Faire le choix de vivre ici est lourd de conséquence. Ne pas être en mesure de le faire est bien pire encore. Je ne souhaitais pas que tu sois obligé de vivre ici. »
Puis elle se releva, et partit en direction des piliers du Sud.
Les nera’kh la regardèrent s’éloigner parmi les passants. Mais ils n’étaient pas les seuls. De nombreux témoins avaient assisté à la scène. Des murmures s’élevaient déjà de toutes parts dans la foule amassée sous le dôme de cristal. D’ici peu, tout Kael serait au courant. Ici, tous la respectaient et la craignaient. Elle était devenue une légende vivante, le symbole d’une époque si incertaine pour les habitants des lieux.
Après plusieurs années d’absence, Syssandre, l’assassine émeraude, la magicienne maudite de la citadelle, était de retour.