LoveMetal wrote:Tiens je me demandais un kruc, vu que PH tu vis à Londres, tu pencherais vers quel parti aux présidentielles, Liberal ou Conservatives ? J'ai toujours hésité...
Les Conservatives sont plus libéraux économiquement que les Liberal Democrats, donc c'est sur eux que mon choix se porte, même si je suis plutôt progressiste sur pas mal de sujets sociaux.
Pirez wrote:Sans parler de "Tous pourris", je constate que depuis que j'suis né on nous vante les bienfaits de la mondialisation et du libéralisme économique et que ça marche jamais, à la place on tombe sur crise qui (pour les States d'abord et maintenant nous) mènent à des guerres.
On peut faire la même remarque sur chaque modèle économique de société, donc peut-être que ce n'est pas le modèle qui est en cause, mais la société ?
Pirez wrote:Chaque français naît avec une dette d'environ 26000 euros. Mais le monde est un circuit fermé. Il doit bien y avoir des gens qui bénéficient de cette dette des gens.
Cependant, ce n'est pas le libéralisme économique qui est à l'origine de cette dette mais les incapables qui, au lieu de tenir les politiques contra-cycliques nécessaires (économiser en période faste et dépenser en temps de crise), ont donné dans le clientélisme et l’électoralisme en dépensant à tout va sans penser au lendemain : on n'a pas eu un seul budget à l'équilibre depuis 1974.
Pirez wrote:Et on nous dit (surtout Fillon et Sarkozy en ce moment) que le moyen de régler tout ce fourbi post-crise c'est de laisser plus de libertés aux entreprises. Ces mêmes entreprises qui ont créé la crises en spéculant sur les marchés de l'argent qui ne leur appartenait pas. Le bouclier fiscal de Sarkozy a rapporté 35 millions d'euros à Bettancourt (ce qui, je concède, est pour elle une erreur d'arrondi). Dans le même temps, il a augmenté les impôts pour les classes les plus pauvres.
Là tu fais un amalgame entre une partie du secteur financier et l'ensemble des entreprises de la planète. J'en ai créé une d'entreprise, je sais quel bazar administratif c'est, combien on te prend çà et là, et pourtant, je ne crois pas avoir contribué à la crise des subprimes.
Le problème des entreprises en France est qu'elles souffrent d'un déficit de compétitivité élevé par rapport à leurs concurrents établis ailleurs, dont les multiples conséquences sont une baisse de l'investissement étranger, des délocalisations, des fermetures et surtout un endormissement de la création.
Pour ce qui est de l'augmentation des impôts des pauvres, tu fais référence à quoi ? Cependant, parler de « baisser les impôts des riches », c'est une peu comme prendre une phrase hors de son contexte : il manque une donnée essentielle, le niveau des impôts des « riches » avant cette baisse. Et après, c'est question d'avis personnel, mais je ne trouve pas juste que l'État puisse venir te prendre plus de la moitié de ce que tu gagnes.
Pirez wrote:Bref le problème est résumé par Don Saluste : "Les pauvres c'est fait pour être très pauvre et les riches très riches". C'est le dogme actuel, mais pour nous, les gens moyens, c'est complètement illogique.
Cependant, je reconnais qu'il y a problème avec l'accumulation de la richesse. Tu as pris l'exemple de Liliane Bettencourt, qui est héritière, et de ce fait, je ne considère pas que l'argent qu'elle gagne soit aussi légitime que si elle avait elle-même créé sa boîte. Je crois au mérite, à la réussite personnelle, c'est surtout pour ça que je trouve injustes certains niveaux de taxation.
Une solution, probablement quasi-impossible à mettre en place, serait, plutôt que de prendre tout le revenu d'une personne au-delà d'un certain seuil (comme le prônent les partis d'extrême-gauche), de n'autoriser cette personne à transmettre qu'une certaine somme par héritier, l'État prenant le reste (et l'utilisant entre autres pour un impôt négatif). Parce que, certains auront beau crier à l'hérésie, disant que c'est normal que nos sous aillent à nos enfants (et critiquant par ailleurs les taxes de succession actuelles), mais en quoi certains méritent-ils de naître riches et d'autres non ? Je n'ai pas de problème avec l'enrichissement d'un individu qui le mérite, sans limite même, mais ses gosses, ils devraient bosser comme tout le monde. En ça, j'admire les types comme Bill Gates, qui ont décidé de donner la quasi-totalité de leur fortune à des œuvres de charité plutôt que de la transmettre à ses enfants. La question est : quel serait ce seuil maximal de transmission ? J'en sais rien, faudrait faire des études sur le sujet, mais même un chiffre aussi élevé que dix millions (vous imaginez hériter de dix millions ?) suffirait à donner un coup quasi-fatal à l'accumulation du capital, l'enrichissement des riches et la paupérisation des pauvres, si souvent décriés.
Une solution intermédiaire, beaucoup plus politiquement correcte mais bien moins efficace, me vient de la décision de François Hollande de taxer les revenus du capital comme les revenus du travail (ils étaient moins taxés avant, plutôt de manière forfaitaire, et il les a plus ou moins intégrés dans le barème de l'impôt sur le revenu). L'intention est louable : après tout, pourquoi un héritier qui ne touche des dividendes devrait-il payer, proportionnellement, moins d'impôts qu'un type qui bosse pour son pain ? Ça devrait même être le contraire. Sauf que les revenus du capital, c'est pas juste les héritiers, c'est aussi les créateurs d'entreprise, dont c'est souvent la seule source de revenu. Et ces fameux dividendes, avant d'être taxés à titre personnel, ont déjà, mécaniquement, été amputés de l'impôt sur les sociétés. Alors peut-être qu'une solution serait, plutôt que de tracer la limite entre revenus du capital et revenus du travail, de séparer les revenus du capital hérité du reste ? Ça vient de me passer par la tête, alors j'y ai pas réfléchi en détail.
incognito wrote:C'est bientôt la fin ! Achetez des lingots d'or, retirez toutes vos économies des banques !
Vu comme le cours de l'or s'est cassé la gueule depuis trois ans, c'est peut-être pas une si mauvaise idée.
Itooh wrote:Pas exactement un circuit fermé, non. La planète a des ressources finies. Comme on continue d'en consommer de plus en plus, leurs valeurs ne cesse d'augmenter. Mais la fabrication d'argent concret (billets, pièces) ne suit pas la cadence. Normal, puisque accélérer la création d'argent casserait l'économie. Résultat : on s'endette plus rapidement qu'on crée de l'argent. Toute la dette mondial repose sur de l'argent… qui n'existe pas encore.
J'ai du mal à suivre ton raisonnement, mais j'ai l'impression que tout se mélange un peu, la théorie de l'offre et la demande, la théorie monétariste de l'inflation (si la masse monétaire augmente plus vite que le PIB, alors les prix montent), l'idée de l'argent-dette... Juste une question : pourquoi l'augmentation de la masse monétaire casserait l'économie ? L'injection de liquidités est au contraire une technique souvent utilisée en temps de crise (on n'a qu'à voir l'ampleur de l'assouplissement quantitatif américain pour s'en convaincre).
Ces théories alarmistes prônant la décroissance, j'y crois pas une seconde. Je suis certain qu'on peut conserver notre mode de vie en passant aux énergies renouvelables et en faisant de sérieux efforts pour limiter notre impact environnemental.
Itooh wrote:On s'est battu pour obtenir nos droits sociaux, que l'on se met à considérer comme « luxe » sous prétexte qu'on serait plus productif sans. La classe moyenne tend à disparaître, et c'est bien les droits qui permettent de la maintenir encore.
Bien d'accord avec ça. Tout libéral que je suis, je doute que l'économie de marché puisse naturellement mener à un compromis social convenable, donc il faut instaurer des limites.