Je tombe d'accord avec Hunchman. Pour moi le FN doit son succès aux votes de contestation et au populisme. Et c'est triste que la France ait une telle image en Europe.
Mais y a aussi un élément énorme qui rentre dans l'équation quand même : l'abstention. Quand plus de la moitié des électeurs n'est pas allé voté, c'est ridicule de se vanter d'être « le plus grand parti de France ».

Alors certes, certains sondages laissent croire que le résultat n'aurait pas énormément varié même avec la totalité des électeurs, mais on est en plein hypothétique. Ce que je vois, c'est que les seuls qui sont allé voté sont les vindicatifs.
Je suis allé voter purement contre le FN parce que je ne voulais pas que seul le populisme (« On vous vole, on vous eploite ! Chacun chez soi, et les hippopotames seront mieux gardés ! ») nous représente en Europe. Je ne partageais aucune conviction avec le parti pour lequel j'ai voté, je savais qu'il recevrait assez de vote et qu'il était assez inneficace pour faire une opposition correct au FN, dont je suis toujours pas fan des idées (voter pour un parti contre l'Europe aux Européennes, ça sert à quoi ?). Déprimant quand même.
En fait, j'ai arrêté de croire à la politique. Que ce soit droite ou gauche, il n'y a que le vocabulaire qui change. Et quand je vois comme se déroulent les débats à l'Assemblée, je désespère à ce que l'on fasse la moindre avancée (et j'entends que c'est encore pire quand ils sont présents). Les partis ne sont devenus qu'à mes yeux que des camps d'incompétents qui se tapent dessus pour plus ou moins de pouvoir.
La politique me semble un mouchoir agité masquant l'essentiel : le Droit. Ça c'est un concept, certes plus abstrait, mais qui me semble plus pertinent que qui de Monsieur Ail ou Madame Ouille mérite tel ou tel poste. Et je préfère avoir des opinions précises sur les sujets que de les associer à des partis ou des orientation. Je suis contre le port d'arme et la peine capitale. Cel fait-il de moi un anti-libéral, ou un libéral ? Je trouve aussi les écrits de Marx extrêmement pertinents, mais il paraît que ce serait communiste. Récemment, on a beaucoup parlé de Taubira qui n'avait pas chanté la Marseillaise, et avait fait une blague sur ce sujet sacro-saint. Un fait d'une importance capitale, j'imagine, pour qu'à côté aucun journal ne parle de l'ACTA, ou de n'importe quoi d'autre qui était en cours d'être voté.
Je maintiens malgré tout un minimum d'intérêts aux élections, il le faut bien. Mais bon, j'ai un peu perdu espoir en ce système. De même que le capitalisme même, en fait. Un système complètement bancal que l'on maintient tant bien que mal parce que l'on a encore rien trouvé de mieux, et que l'on a la flemme de chercher avant que tout le monde ne soit dans la merde. Les dettes que l'on a sont sur de l'argent qui n'existe pas encore, la classe moyenne disparaît joyeusement, et l'on retrouve encore des adeptes du rêve américain qui fanfaronnent que quand on veux on peut, et si t'es dans la merde c'est de ta faute. :/
Sans parler du chômage, qui est un non-problème. Ce n'est pas un opinion qui plaît beaucoup, mais je considère qu'il y a bel et bien des sots métiers. Des emplois nazes, abrutissants, complètement inutiles. Si le marché évolue et rend un métier obsolète, ou si un machine peut faire le travail bien mieux, ou si des contraintes poussent à trouver des alternatives (coucou développement durable), je considère qu'un métier doit disparaître. Et ce qui est cruel, ce n'est à mon sens pas que des personnes se retrouvent sans emploi, mais c'est qu'elles soient forcées à avoir un travail (aussi mal payé et pénible soit-il) pour vivre. Quand tout sera automatisé, qu'est-ce qu'il faudra faire ? Payer des gens pour creuser un trou, d'autres pour le reboucher ? Avoir un emploi ne devrait pas être un fin en soi (à moins qu'il y ait certaines personnes dont le rêve est de travailler à la chaîne, et que c'est leur talent spécial dont ils sont fiers…). S'il faut être utile à la société, ce ne sera plus par les travaux manuels. Combattre le chômage en tentant de faire revivre ces derniers, ça me semble voué à l'échec. C'est le système entier qu'il est temps de remettre en question, avant que tout ce bazar ne nous retombe dessus. Trouver des solutions au problème de fond, plutôt que de faire des correctifs ici et là.
Malheureusement je ne suis pas un visionnaire, et je suis très mal placé pour trouver un nouveau fonctionnement viable. Un soulèvement du peuple mènerait probablement à un nouvel état totalitaire, sous les étendards de la liberté, du rétablissement des droits égaux, de la lutte contre les privilégiés, etc… Certains mouvements me font peur en ce sens.
On verra bien quand le changement opérera. Si on sera capable de le faire en douceur, ou s'il faudra passer par une période de véritable crise. Il est certain de toute manière qu'on sera de nouveau confronté à de nouveaux problèmes. Si ce n'est pas, au final, qu'un cycle voué à se répéter.