FanBoo wrote:APRÈS le rêve seulement ! Pendant le rêve, on est tout à fait persuadé qu'il s'agit de la réalité !

Bien qu'il existe les rêves lucides : rêves où on a conscience de rêver !^^ Mais ça, c'est autre chose, et ça n'arrive que rarement (à moins que l'on ait de l'entrainement, je conseille LD4All si vous voulez en savoir davantage).
Une fois, j'ai rêvé que je rencontrais le Père Noël, et qu'il me montrait toute sa caverne d'Ali Baba.

Il me dit que je peux prendre tout ce que je veux. Le bonheur suprême ! Cependant, une chose me tarabuste, et je lui dis : "Mais, tu n'existes pas!" Alors il me confirme : "En effet, tu as raison." C'est alors que je prend conscience d'être dans un rêve. Mon rêve. Et avec une grande déception je lui demande : "Alors, quand je vais me réveiller, tous ces jouets auront disparus?" Et il me répond, d'un air navré : "Malheureusement, je crains que oui."
Puis, après quelques minutes de vagabondage au milieu des jouets inaccessibles, ma conscience exaspérée, ne sachant plus comment continuer ce rêve qui a mal tourné, me conduit au réveil...
Je crois que c'est le seul rêve lucide que j'ai jamais fait, et je me rappellerai toujours de cette amertume au réveil, mêlée à la surprise d'avoir fait un rêve conscient.
Une autre fois, j'ai rêvé qu'un jeune camarade, décédé il y avait déjà quelques années, me disait qu'il n'avait jamais été mort, et me demandait, d'un air moqueur, comment j'avais pu l'ignorer depuis tant d'années.
Là aussi au réveil, une certaine déception que ce ne soit qu'un rêve, et un petit soulagement de n'avoir jamais plané durant autant d'années !
Donc dans les deux cas, reprendre ses esprit est douloureux. Je pense que quelqu'un qui a eu un coma, s'il a fait des "rêves" agréables, sera certainement beaucoup plus déçu que ça, mais qu'il sera tout aussi capable, s'il est honnête avec lui-même, de distinguer rêve et réalité. Bien sûr si le rêve est cohérent (ce qui n'est pas le cas dans mes exemples), ce sera plus difficile, mais peut-on dire qu'une NDE est "cohérente", surtout dans le cas où la personne n'en n'a jamais entendu parler avant ? Je pense qu'une personne qui sera sorti d'un coma voudra reprendre une vie "normale" le plus rapidement possible, donc qu'elle n'essayera normalement pas de prendre ses songes pour des réalités. Si certaines veulent en parler sérieusement, c'est qu'il doit y avoir quelque chose de plus fort qu'un simple rêve agréable. Pourquoi le feraient-elle, sinon ? Ce serait de la mauvaise foi liée à une blessure, à une déception...
Ces personnes veulent vraiment comprendre ce qui leur est arrivé (pas uniquement bavarder pour le plaisir de faire durer le phantasme), et l'explication "hallucination" ne leur suffit pas :

Même si on admet que le discernement entre réel et irréel se brouille pendant une NDE, la personne qui s'en sort le "récupère" après et devrait donc, rétrospectivement, avoir un jugement plus nuancé sur ce qu'elle a vécu...
FanBoo wrote:Mmm, j'ai du mal à saisir. En gros, ce serait les similitudes entre les différentes NDE ?
Il y a certes des similitudes entre les NDE, et même d'une culture à l'autre. Mais ce que je veux dire, c'est que plusieurs personnes ont témoigné qu'elles pouvaient TOUT voir depuis le plafond, et même "à travers" les objets, et appuyaient leur propos en affirmant qu'il y avait une chaussure sur le toit de l'hôpital, un tube de rouge à lèvre dans la poche d'une infirmière, une plaque en cuivre cachée sous un drap de la salle d'opération... Ces détails, à la surprise du personnel, ont été confirmés. Ce sont vraiment les coïncidences les plus troublantes, car quand les témoins rapportent des paroles prononcées par les gens pendant leur "mort", on essaye de l'expliquer de diverses manières.
DesLife wrote:La démarche de ton prof de philo me semble assez stupide, tout ce qu'il a fait c'est vous donner pleins de critiques, sûrement ridicules pour la plupart, d'un sujet extrêmement complexe.
Il n'a pas fait que ça, c'était quand même dans le cadre d'un cours. Cette liste était proposée pour approfondir.
C'est vrai que Bénesteau est assez provocateur, mais c'est aussi pour ça que je l'ai cité ^^ Maintenant je ne sais pas s'il se vente lui-même de son statut non-plus, j'ai juste précisé cela pour le situer dans une profession...
Plus sérieusement, voilà d'autres critiques :
- L'idée d'un psychisme inconscient est difficile à concevoir, on a l'impression d'une contradiction dans les termes parce que l'on doit admettre l'idée d'une pensée inconsciente, c'est-à-dire d'une pensée que l'on pense sans le savoir.
- Pour Freud, si l'on n'admet pas l'idée de pensée inconsciente, on ne peut plus comprendre notre conduite. D'autre part, on ne comprend plus la conduite humaine.
- On ne peut se comprendre pour Freud que dans la mesure où l'on passe par une psychanalyse. Si le psychisme est scindé en deux, comment expliquer que le patient puisse se reconnaitre et acquiescer à ce que dit le psychanalyste ? Ne faut-il pas admettre qu'au fond, on sait ce que l'on se cache et que la conscience a la capacité à se voiler à elle-même ? Dans ce cas là, je ne suis plus victime mais responsable de l'obscurité de mes pensées. On pourrait expliquer le refoulement sans passer par l'inconscient.
- Pour Freud, l'inconscient est prouvé, or on peut se demander ce que vaut son argumentation. Certains auteurs voient dans cette argumentation une pétition de principe. Ex : Politzer dans Critique des fondements de la psychologie.
Je ne pense pas qu'il soit malhonnête de s'interroger sur l'objectivité de l'autre parti également : Freud aurait falsifié certaines expériences. Si cela se vérifie, c'est inquiétant. D'où la remise en cause de tout son travail, même si honnêtement, je ne pense pas que tout soit à jeter. C'est surtout le côté un peu lourdingue de la psychanalyse que est exaspérant : il y a une déresponsabilisation importante et une prétention un peu obscurantiste de la par du psychanalyste, qui prétend en savoir plus sur la personne qu'elle-même. Cela peut être assez malsain à la longue, et il est compréhensible que l'on critique ce genre d'approches.