Quitte à parler d'idées détestables, celles de Mélenchon décrochent la palme selon moi.
Ses idées fiscales et économiques sont profondément injustes et dangereuses pour l'économie et donc pour les classes populaires à moyen terme. Son programme de nivellement par le bas fait pleurer n'importe quel économiste possédant un minimum de sens pratique : réduisons la compétitivité de nos entreprises, reposons-nous sur nos acquis incompatibles avec le contexte économique actuel, compensons l'augmentation des dépenses par des rentrées d'argent dont le tarissement est la conséquence immédiate du programme (avec une telle fiscalité, qui croit que les grandes entreprises et les gens aisés vont rester ?), le tout enrobé dans une démagogie à gerber... Non content d'être contre la TVA sociale, il propose carrément une tranche de revenus imposés à 100% ! Après tout, c'est toujours pas plus con que l'ISF (comme tout impôt sur le patrimoine d'ailleurs, c'est une aberration de le taxer alors que le revenu est « là pour ça »).
Mélenchon mène sa croisade contre les riches et les patrons... alors d'accord, mettons de côté tous les abus patronaux et actionnariaux, du genre parachutes dorés et super dividendes alors que l'entreprise coule : c'est dégueulasse, et ça requiert bien évidemment des mesures, mais des mesures ciblées et non pas la mise en application brutale d'idéologies fumeuses.
Mais passons à la rémunération des dirigeants qui ne font pas leur blé en exploitant les employés. Ça ne me choque pas qu'un patron du CAC 40, compte tenu de ses responsabilités et de son parcours, soit payé plusieurs millions par an. Ça ne me choque pas non plus qu'un mec qui fonde un empire puisse devenir milliardaire. Ces gens-là ne sont pas des ennemis de la société, contrairement à ce que voudrait nous faire croire Mélenchon qui propose de limiter leurs revenus ; au contraire, ils nourrissent l'économie, ce dont tout le monde bénéficie à moyen terme.
Le cas des financiers est plus ambigu : c'est effectivement assez dur de trouver « juste » la création de masse monétaire dont une partie significative sert à enrichir un groupe restreint, ce qui a pour effet de concentrer la répartition des richesses au sein du même groupe tout en participant par le biais de l'inflation à la paupérisation du reste de la population. (Notons tout de même qu'il y a finance et finance, le capital-investissement a souvent une effet bénéfique sur l'économie et doit être distingué de la pure spéculation sur des valeurs abstraites.) Cependant, ce n'est pas avec des mesures populistes du genre limitation des revenus que l'on va changer quoi que ce soit ! Même Sarko n'échappe pas à la règle, après tout le gouvernement n'a-t-il pas limité les bonus des traders ? Simple conséquence de leur exposition médiatique ces dernières années, ils sont devenus des boucs émissaires et on a décidé de faire plaisir au peuple en prenant une telle mesure, mais aussi répréhensible que puisse être une activité du genre, qui ici croit sérieusement que c'est eux qui tirent les ficelles ? D'ailleurs, personne ne tire vraiment les ficelles... Cf. la loi des trois états, on en est encore à l'âge théologique en prêtant un anthropomorphisme aux marchés alors qu'ils ne sont que la manifestation de la volonté individuelle de l'ensemble des individus qui le composent : à titre majoritaire, le modeste retraité américain par le biais de son fonds de pension.
Et sur les salaires... En France, le salaire moyen dans l'industrie a augmenté de 30% sur les dix dernières années, contre 9% en Allemagne. Je crois que notre balance économique et l'état de notre industrie, comparativement à nos voisins, en disent assez sur l'efficacité d'une politique d'augmentation des salaires sans baisse des charges patronales, qui amènent à une baisse de compétitivité entreprises, et à du chômage, conduisant à une paupérisation globale de la classe populaire. Un SMIC à 1700€ donc ? Purement populiste et profondément irresponsable.
En fait, Mélenchon soulève des problèmes épineux, comme la précarité et l'exploitation, mais auxquels il n'apporte pas la moindre solution. Un candidat de bonne foi mais aux idées dangereuses ? Comme Le Pen, en somme.