Alice au Pays des Merveille m'a quand même déçu... :/ On y trouve autant de Tim Burton que du Lewis Caroll, c'est à dire pas grand chose.
Au niveau esthétique, c'est très beau, y a pas à dire, la 3D mise à part. Oui, j'ai dû subir la 3D, et franchement c'est lourd ce truc. On perd déjà un max en couleurs (essayez de les enlever 5 secondes, pour voir), le rendu est crade (j'ai vu mieux au Futuroscope, et franchement c'est pas immersif pour un sous, on a l'impression de voir des feuilles de papier se superposer), puis ça empêche de profiter de l'ensemble des décors (quand t'as trente-six mille trucs minuscules qui gigotent au premier plan, difficile de se concentrer sur ce qu'il y a derrière, ce qui devient lourd à la longue). Bref, dommage que Burton ait succombé à cette mode à la con... :/ La 3D, on la croyait morte depuis les années 80 ! Ça divertit, mais ça n'augmente en rien la qualité des films. Puis porter des lunettes quand vous en avez déjà, c'est pas toujours confortable... Enfin bref, à part ça, le film est beau, bien qu'un peu trop sombre. Ce n'est pas que je n'aime pas le sombre, bien au contraire, chez du Tim Burton c'est délicieux, mais j'aurais aimé un peu plus de diversité pour un film comme Alice au Pays des Merveille, qu'on ait autant de chaud que de froid, et pas toujours des plaines d'arbres sans feuillage...^^
La musique est bien aussi. Mais pas inoubliable.
C'est au niveau de l'intrigue que ça se casse totalement la gueule.
Pour résumer, Alice, c'est ça : Le Monde de Narnia, avec un design de Burton. Ni plus ni moins. Alice arrive au Pays des Merveilles, on lui raconte dès le début que son destin est de tuer un grand dragon, elle n'y croit pas, mais le spectateur sait qu'elle le fera quand même à la fin du film, et le spectateur a raison. On dit que Alice n'est pas la vraie Alice, Absolem dit que Alice "est loin d'être la véritable Alice", le spectateur sait que vers la fin Absolem dira à Alice une réplique du genre "J'ai dit que tu étais loin d'être la vraie Alice, maintenant tu l'es un peu pluss", le spectateur a encore raison. Au tout début du film, Alice est même confronté à un mariage arrangé entre elle et un gars coincé. Le spectateur ne peut que supposer qu'Alice va refuser, tant c'est évident. Alice va au Pays des Merveilles, revient, puis refuse, comme prévu. Alice enchaîne même en engageant la lutte pour le droit des femmes au travail et la mondialisation, c'est que c'est devenu une battante l'Alice. Mais le spectateur s'en doutait un peu.
Si je vous raconte la fin du film, c'est parce que de toute manière, on la voit dès le début. Tout est prévisible, classique, vu et revu, aucune originalité, rien de rien. Narnia, sans plus. Moi-même j'y croyais pas quand on me l'avait dit. Je pensais qu'il y aurait quelques à côté, quelques délires, après tout c'est Tim Burton, et Alice au Pays des Merveilles, alors on aura une dose d'absurde et de magie sans sens... Non, que dalle. Narnia version Burton. Avec Alice dans le rôle du chevalier qui va sauver la dimension parallèle, sans y croire. Ah oui, j'ai oublié de dire ça : durant presque tout le film, Alice est persuadé qu'elle est dans un rêve. En fait, elle réalise que ce n'est pas vraiment le cas vers la fin. Étonnant, non ?
Et si seulement les personnages étaient originaux... Après tout, Lewis Caroll a inventé des personnages totalement délirant, n'est-ce pas ? Tim Burton en fera sûrement quelque chose de déjanté ! Bah que nenni. Certes, ils sont drôles, ils sont fous, mais ça s'arrête là. Les personnages sont logiques, le Pays des Merveilles lui-même a un sens : deux sœurs se battent la couronne du Royaume, l'une mauvaise (la reine Noire), l'autre pacifique (la reine Blanche). En ce moment, c'est la Reine Noire qui instaure sa dictature. Heureusement, la prophétie raconte qu'Alice va arriver pour sauver tout ça. À côté, tous les personnages, même s'ils se comportent parfois bizarrement, suivent cette logique. Vous pensiez que le Chapelier était condamné à vivre à l'heure du thé ? Pas du tout, il est juste un peu fou (mais gentiment fou, il dit des trucs drôles par moment, mais n'est pas vraiment dérangé, ni dérangeant). C'est Jonnhy Depp avec un chapeau. D'ailleurs, à partir du moment où il arrive, il n'y en a que pour lui. Il devient presque le centre du film, pour une raison inconnue. À un moment, il danse le hip-hop, on sait pas pourquoi... Bref, projecteurs sur la grande star maquillée ! Les autres personnages en images de synthèses sont tout aussi banals. Ils ont leurs particularités, mais ça ne va pas plus loin. Le Lapin n'est pas pressé, le Lièvre est amusant tout au plus, le Chat du Cheshire est sympathique... Seul la Reine Noire joue vraiment bien son rôle ! Vraiment excentrique, jusqu'à l'absurde, pas diabolique, juste méchante, d'une manière ultra caricaturale ! Tout ce qu'on pouvait attendre d'elle ! Le reste des personnages représente juste la résistance face à la méchante Reine : ils se connaissent tous, complotent, font circuler les informations, ont même des souvenirs... Bref, le Pays des Merveilles est juste devenu un pays où les animaux parlent et où il se passe des trucs un peu étranges quand le scénariste n'a pas d'idées pour faire avancer la situation (la manière dont le Chapelier échappe à la mise à mort est tellement facile...). C'est Narnia quoi, avec un décor un peu plus recherché...
En fait, la forme est excentrique, le le fond pas du tout ! C'est du pur classique, on s'enferme dans un scénario éculé depuis des lustres, et on ne surprend que par quelques trouvailles de mises en scène. Très sympathiques, ces trouvailles, ce qui fait que le film n'est pas si mauvais, et plutôt agréable à voir, mais franchement, de la part de Burton, on pouvait s'attendre à tellement mieux... Surtout que le roman Alice au Pays des Merveille est lui-même plus riche que ce film ! Vraiment dommage... :/